Challenge Centrale Lyon 
Des petits oiseaux perchés tout là-haut

Personnages :

Mickaël : Responsable

Hugo : Le gueulard

François : Captain Chétif

Léopold : Le chanteur

David : Le Sodomite du dimanche

Yvan : Le 9

Mathieu : Flanker

Valentin : Le Tamagochi

Rodioquelquechose : Ben « Rodio »

Pierre : Le Roux (eh oui, il en faut bien un)

Les Porcelets : Mélange hétéroclite et hétérogène d’hétéros et autres humanoïdes associés de la Montagne Sainte Geneviève.



2008-2011 : 4 années dont une de suspension, 8 défaites et un nul

Le challenge centrale Lyon : 14 heures de bus, 3 heures de sommeil, 20 l d’alcool par personne, pas de filles.



CCL 2012 : Après un tel bilan, qui peut-être assez débile pour perdre 2 jours et aller risquer de choper un rhume, une chtouille masculine ou un genou en moins si loin de ses bases ?

Eh bien, en ce qui concerne le rugby masculin, car c’est bien de cela qu’il s’agit ici, 18 malheureux se sont laissés tenter.

Nul n’aurait assez de talent pour décrire avec assez de talent l’histoire de ces 18 valeureux et de leurs comparses handballeurs, skieur (il était seul), pongistes ou spectateurs.

Le bus affrété par le responsable était du niveau de celui sur Canal quand on voit les joueurs descendre avec des écouteurs sur les oreilles en ignorant les supporters. Floqué de la célèbre marque à l’étoile à trois branche (Pour les 130 et les rugbywomen peu habitués aux métaphores et autres figures de style, je traduis : Mercedes ). Le confort était au RDV. Les cœurs étaient serrés en quittant PC, Léo, Rodio, François et Hugo versaient une larme en laissant derrière eux le bar de PC encore en travaux et le Pc@fé (vous pensiez tout de même pas qu’ils étaient tristes de laisser leur blonde 2 jours).

Présent il y a quatre ans dans ce même bus (moins bon modèle), j’étais déçu et, à vrai dire, rassuré de voir qu’à porte d’Orléans, nos chances n’étaient pas galvaudées car nul joueur n’avait encore vomi. En effet, la consigne de 2008 « Les mecs, on est pile 15 et on joue à 8h30 demain donc on ne boit pas dans le bus » avait fait long feu et, dès avant porte d’Orléans, la crise de foie subite touchait 3 joueurs.

Considérer les heures de bus comme inutiles et fatigante est faux. Elles soudent une équipe, des individus qui s’ignorent encore, une équipe en gestation. Comment rapprocher deux êtres aussi différents qu’un physicien en thèse de micro-disques mécaniques et un bibliothécaire ? Comment un Réunionnais et un Toulonnais ? Comment un 130 et un 126 ? Eh bien dans le silence, dans la concentration et « UN PETIT OISEAU PERCHÉ TOUT LÀ-HAUT UN VERRE À LA MAIN CHANTAIT CE REFRAIN J’ÉTAIS PLEIN HIER SOIR JE SUIS PLEIN CE SOIR ET SI TOUT VA BIEN JE SERAI PLEIN DEMAIN MATIN ».

6 heures de chansons et vous n’avez plus de voix mais connaissez la voie, celle de la victoire, celle de l’Histoire. Car oui, ces 18-là ont marqué l’Histoire ; pas celle des livres, pas celle des programmes scolaires, celle de PC[1].

Coucher 1h30, levez 6h30, bus à 7h15, match à 9h, au menu : du faux lait et de la confiture industrielle, un chauffeur raté trompettiste accompli, Centrale Lyon, Ens Lyon, Mines de Nancy.

Comme à leur habitude, les Porcelets se distinguent rapidement par leur hauteur de vue et leur arrogance. François Potier, autoproclamé capitaine, préparait un discours d’avant match dans le bus qui devait nous mener vers un jour meilleur. « Les mecs, ne soyez pas chétifs. Regardez les Mines de Nancy, ils sont Allemands[2], ils sont chétifs, ils tremblent ». Il fallait alors cette provocation gratuite et risquée étant donné notre bilan passé.

Arrivés dans des vestiaires à bestiaux du côté de l’école vétérinaire de Lyon, nous nous changions pour revêtir nos couleurs noire et rose. Nous étions peu dépaysés, porc au milieu de vaches et chevaux. Réveillés plus qu’échauffés, Centrale Lyon souhaitait mettre à son menu l’humiliation, il n’a eu que désillusion. Un match d’avant, un match qui donne un 3 – 3, un match qu’Hugo Defienne définit ainsi :

« Les mecs, on aurait pu se faire bien 3—8 sur la dernière pénalité. Les mecs quand on voit le résultat d’un match 3-3, on se dit vraiment que ça a été un match de merde, un match qu’on est content de pas avoir regardé, un match de débiles mentaux… Vous êtes juste des gros §$£** ?! une bande de gros !%%** vous avait un µµùù^à la place des ++$$¤¤ je vous µµ%%% à la %%%% »

Ok, Les arrières n’ont pas eu beaucoup de ballons, il faut quand même rappeler que Captain s’était fait piétiner la gueule et provoquer le carton rouge donné le plus tôt dans toute l’histoire du rugby 9h05 du matin. Simon y a laissé un genou quittant prématurément une compétition qu’il éclaboussait de toute sa classe, avant que cela ne soit l’inverse.

Match nul (pénalité du chanteur) contre l’école qui reçoit, qui a dormi chez soi 12h, qui est venu tranquille en bagnole, qui nous a privé d’eau et de nourriture, je dirais que c’est honorable. Le gueulard, car il sera nommé ainsi à partir de maintenant, en a pensé tout autrement et nous l’a fait savoir dès la fin de la rencontre.

Je dois m’arrêter ici pour exposer les incohérences des coaches, capitaines et autres fausses autorités rugbistiques pcéennes. Le 9 vous dit qu’il faut attaquer au large après que captain vous dise qu’il faut partir au près avant que le gueulard vous jette comme un sous-rugbyman (certains ont pleuré). Comprenez bien que ce genre de message passe très peu auprès de personnes qui ont un certain recul sur les discours. On aurait dit une équipe politique en campagne, pas un pour rattraper l’autre… donc Messieurs, coordonnez- vous avant de donner des leçons de cohésion.

Le moral à bloc après cette humiliation publique, nous préparions notre second match, 2h plus tard, contre l’ENS Lyon, réputée redoutable. Il n’en fut rien. Travail de sape des avants, valse des arrières, captain, gueulard et 9 montraient la voie et le festival commençait. 4 essais à 0. On leur a mis un beau bouchon à nos amis lyonnais. Gueulard était calmé, et l’histoire prenait le relais pour rugir en nous (au moins).

Restaient les mines de Nancy, les chétives mines. Nous ne pouvions perdre après la provocation matinale. La réputation de Captain en dépendait. Alors nous avons fait le travail : 4 essais à 0 sans parler des transformations. Les mines ont été asphyxiées et nous sortons des poules avec 2 victoires nettes, un nul contre les organisateurs et aucun essai encaissé, +51 au goalavérage, le meilleur bilan ever et il fera date. En route vers les quart. Nouveau discours stressant de gueulard qui avait, en plus, enrôlé Rodio pour gueuler aussi un truc du genre « ça suffit les conneries, on fait les beaux on est en quart, on s’en fout, c’est rien les quarts. On faisait les marioles dans le bus et là on doit prouver quelque chose maintenant, c’est maintenant sinon ce soir on sera des guignols… » nouveaux propos incohérents avec captain qui dit qu’on est là pour s’amuser et profiter [sic].

Malheureusement, 2 nouveaux blessés venaient compléter les rangs de l’infirmerie (non non pas David Parrain). La perte la plus lourde (en termes de poids) était celle du Respnsable, touché à l’ongle du petit orteil. Son ongle incarné se réveillait au pire moment et le privait de phase finale (au singulier car il n’y en a eu qu’une). Ce même homme qui, quelques heures plus tard, devait être trouvé sur le dance floor dansant avec une Monique Boo-Bun, une amie sienne, ce même homme qui devait courir le lendemain matin pour aller chercher les sandwiches, ce même homme qui donc s’est bien foutu de notre gueule et a surtout fait les croisés du neurone antérieur gauche du moral.

EM Lyon – Porcelets : encore des locaux qui avaient bien dormi, des presque HEC, il ne fallait pas perdre, il ne fallait pas craquer. Ils étaient frais et vaillants, nous commencions à sentir le poids du sommeil et le soleil de plomb nous prenait nos dernières forces. Nous livrâmes bataille mais Gueulard nous abandonna. Après un premier essai pris un peu contre le cours du jeu, nous faisions plus que de la résistance nous rapprochant par pick and go de leur ligne. Plus qu’un et nous allions marquer quand 9 décida d’écarter et s’en suivi un en avant réduisant nos espoirs de retour à néant avant la mi-temps. Une dernière action depuis leur 22, les lyonnais, par leur 15, allaient faire une chevauchée fantastique jusqu’entre nos perches. Le gueulard, trop fatigué d’avoir gueulé, laissait passer le quinze à proximité sans tenter quoi que ce soit, en le regardant passer comme les vaches nous regardaient jouer. Résultat : 2 essais à 0 à la mi-temps. Malgré un combat rugueux en 2e mi-temps, la domination non concrétisée et la conquête en touche mal assurée nous coutaient le match. Pas de demi-finale, pas de dimanche, tant pis on pourra s’amuser (jusqu’à 11h heure à laquelle la moitié de l’équipe s’est couchée…).

Le reste c’est Respo et son Bo-Boun, un paquito dans la cantine, des petits oiseaux chantant et buvant en chœur, des chasses à la femme au milieu des steaks hachés, Léa la cheerleader cagolaise (AH AH AH lui dit Léa, non David la mets pas lààààààààààààààààà), c’est gueulard et le chanteur en anciens de Centrale Lyon, c’est les 9h de bus de Rémi, c’est Jimmy en retard, c’est Valentin qui a des besoins, c’est Marine et son stabilo, c’est Hugo et ses dessins intimes, c’est Mélissa (AH AH AH dit Mélissa, non non non me fais pas çaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa), c’est le SGEG, des publis, des rires, un retour mythique et un point final.



Je dois dire les gars, qu’en repensant à tout ça, je me suis mis un bon doigt dans l’oreille.

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