Match ESPCI - INP 
Cet après midi, sous un soleil couchant automnal, la fière équipe des gorets affrontaient les redoutables joueurs de l'Institut National de Podologie. Le terrain R1 de Pershing présentait encore les traces des averses de la semaine passée : il y avait deux piscines de chaque coté du terrain. C'est sans doute à cause des flaques que les podologues n'avaient pas tous leurs appuis. L'ESPCI a remporté le match 33 à 5, en marquant 5 essais et en transformant 4. L'INP n'a marqué qu'une fois.

Jusqu'à 15h10, nous avons attendu M. Gabriel, l'arbitre car "il devait arriver d'une minute à l'autre". Dans ces conditions, un joueur ayant réussi le test d'arbitrage doit prendre le jeu en main. Nous avons tiré au sort l'équipe qui allait prendre la décision d'envoyer, ou de ne pas envoyer un de ses joueurs arbitrer le match. L'INP a gagné ce toss et ils ont choisi de nous laisser l'arbitrage. Sans hésitations, nous nous sommes tourné vers le major de la formation, Lucas Mercier.

Ce dernier a su être impartial, même s'il a sauvé l'ESPCI d'un premier essai dès la 2ème minute. Après avoir reçu le coup d'envoi, les podologues, loin de jouer comme des pieds, ont lancé leurs 3/4. Ceux-ci sont dangereusement arrivés jusqu'à notre ligne de 5m, jusqu'à ce qu'un de leurs joueurs, sorti tout droit du ruck, tente de ramper discrètement jusqu'à la ligne d'embut. Lucas a judicieusement remarqué que l'applatissement n'a pas été effectué "dans le mouvement".

La première action fut dangereuse et cela a suffit à réveiller l'instinct animal du Porcelet. Après avoir récupéré la balle, nous avons occupé pendant plus de 20 minutes leur camp et nous les avons laissé faire des fautes. Sur un départ en mêlée, le binôme François-Hugo, sur une 89 est le premier à mettre la pression en attaque. Après deux temps de jeu, Francois est à la conclusion de l'attaque et va marquer un essai en coin. Celui-ci ne sera pas transformé.

Les attaques s'enchaînent et se ressemblent, Christopher J. Burrows éjecte la balle sur son premier centre, le petit porcelet fougueux, David Parrain. Celui-ci, tel Jauzion perfore le premier rideau défensif, passe les bras et envoie la balle au second centre, Robin Chaudret. La complicité David-Robin se ressent dans le jeu : chaque attaque nous permet de progresser d'au moins 20m et de mettre en danger l'équipe de l'INP.

Etrangement, les podologues se débarassaient du ballon au pied. Cela permettait à notre arrière, Yoann de tenter des relances. Il s'est fait une première fois stoppé net par un plaquage haut. Les podologues avaient sans doute peur de lui faire mal aux pieds. Sur une seconde relance, après une percée de Nabil, Yoann s'est fait offrir une belle cravatte. Solide comme le granit de sa province natale, Yoann s'est relevé à deux reprises.

Après un jeu de main judicieux, James a vite marqué les esprits avec un coup de pied par dessus. Sur le coup, José a marmoné : "ça, c'est pas très bien joué". Cependant, la chance de l'anglois a renversé la situation, en s'y mettant à 3, les joueurs adverses laissent tomber le ballon, et James s'en empare pour aller aplatir sous les barres le deuxième essai.

Ce n'est que le premier d'une longue série, le bon jeu sans ballon de David a trompé la défense. James s'engouffre dans un intervalle et va déposer la balle sous les poteaux en ayant coiffé à la course, sur 50m la moitié de l'équipe adverse. Il récidive quelques minutes plus tard, sur le coup d'envoi. Après une feinte de passe à son centre de choc, notre demi d'ouverture prend le jeu à son compte et va inscrire son 3ème essai. L'arrière des podologues n'avait pas ses jambes de feu car sa tentative de cuillère a échoué, sans mauvais jeu de mot, c'est un joli pied de nez... Obviously, James is the man of the match. Auteur de 23 points, de 80% de réussite au pied, il n'a raté ni passes ni plaquages.

C'est ensuite Sébastien qui est à la conclusion d'une des plus belles actions du match. Après un engagement défectueux du 10 adverse, nos porcelets demandent une mêlée au centre. Les lignes arrière se scindent de part et d'autre de cette dernière afin de perturber l'adversaire. Talonnage parfait du balon, François récupère la balle et réussi une 89 en laissant deux rebouteux sur le carreau,il passe à Hugo qui passe ensuite à James avec une vélocité qui n'a rien à envier à Usain Bolt. James passe enfin à David qui franchit le premier rideau. Mais l'arrière veille encore! C'est sans compter sur le magnifique crochet de David qui l'enrhume au passage le laissant seul au sol avec juste ses deux yeux pour pleurer. Ce dernier n'est pourtant pas tiré d'affaire et se fait plaquer à 5m de la ligne. Tel un guerrier sparte au termopiles, Sébastien arrive pleine bourre et, recevant la balle de David toujours au sol, perfore les deux derniers podologues pour aller aplatir. C'est l'essai qui finit d'achever les boiteux d'en face. On sent les regards de désespoir de l'équipe adverse qui, nous ayant battu lors d'un match amical, pensait remettre ça aujourd'hui.

Après avoir subi pendant une bonne partie du match, les podologues ont eu un sursaut d'orgueil en fin de match. Une charge renversante du pilier adverse a tout simplement posé Laurent sur ses fesses. Nous avons testé notre défense, et la conclusion est la suivante : il est nécessaire que nous ayons une attitude plus agressive sur les phases défensives.

Une fois l'avance confortablement établie, José a décider de donner du temps de jeu à des joueurs qui ont touché peu de ballons. "Il faut leur faire connaître le vrai contact". Nabil et Michele se sont donc retrouvés à l'avant. En ce qui concerne le placement, il suffit de "coller au cul de Seb, il est toujours bien placé". "David, tu sors. Robin, tu passes 10. Pierre, au centre". En 10 mots, l'équipe prend une allure radicalement différente. Et bon nombre de débutants ont montré leur progression depuis le tournoi ParisTech. Remontés comme des pendules, les podo ont quand même marqué un essai en fin de match. C'est sans doute à cause du coup de pied raté de Robin...

Ce beau match restera longtemps gravé dans les mémoires. Tant par le bon jeu que nous avons réussi à mettre en place, que par l'ambiance qui régnait dans le vestiaire une heure après le coup de sifflet final. Hugo y est pour beaucoup, c'est vrai qu'il avait une grande gueule aujourd'hui : "Allez les gars, il faut qu'on les encule jusqu'au bout les pédologues".


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